Test 1… Test 2… L’intermède romain

 

 

Difficile d’aborder le sujet autrement que par la théorie. Par quel côté le prendre ?

Commençons par dire que selon toute vraisemblance, la politique telle qu’on l’entend durant l’Antiquité, a évidemment quelque chose de lointain avec celle que l’on pratique aujourd’hui.

En effet, comme nous l’avons entendu lors du premier épisode de Libertalia, l’idéal politique grec repose sur ce qu’Aristote et d’autres appellent la vertu, là aussi un terme assez théorique et vague.

Les « politologues » de l’Antiquité faisaient la distinction entre une politique vertueuse et le reste.

Les penseurs grecs ont établi une typologie classificatrice des régimes politiques vertueux 

L’élément discriminant est qui détient le pouvoir

Ou bien ce détenteur est unique et alors c’est une monarkhia, une monarchie ou une royauté.

Ou bien la direction des affaires publiques est confiée à un groupe de citoyens compétents et l’on parle alors d’une aristokratia, une aristocratie, gouvernement des meilleurs.

Ou alors c’est le pouvoir du peuple tout entier et donc une dêmokratia, démocratie.

Aucun de ces trois régimes n’excluent la présence de vertus, au contraire, ils en sont tous les trois nourris.

Dès lors que la vertu disparaît en revanche, chacun de ces régimes est miné par des dangers et des vices internes, qui les rendent fragiles et risquent de les changer en d’autres régimes qui sont à la fois leur jumeau et leur contraire.

Ainsi, un roi règne grâce au consensus de ses concitoyens — ni les auteurs grecs ni les auteurs latins ne parlent de ses sujets — et les persuade du bien fondé des mesures qu’il prend. S’il ne règne plus que par la peur et la force, la monarchie devient une tyrannie.

Les aristocrates, qui font passer leurs intérêts personnels avant l’intérêt de la collectivité, changent leur régime en une oligarchie.

Lorsque le peuple ne respecte plus ses propres règles et cède à des impulsions irrationnelles, la démocratie devient alors une ochlocratie, pouvoir de la foule. Il y a dénaturation de la volonté générale qui tend à incarner les intérêts de certains et non de la population toute entière.

Ça, c’est pour ce qui est des anciens cours d’éducation civique.

Laissons le côté obscur de la force et intéressons-nous plutôt au côté vertueux

La différence entre un jumeau et l’autre c’est donc l’intérêt commun, l’ intérêt publis ou intérêt général, le collectif en somme. 

La vertu ne s’exprime pas que dans l’intime, elle se manifeste aussi dans le collectif, par la justice, le courage, la prudence, la modération — des thèmes souvent repris par les religions d’ailleurs.

Peut-être même que la « politique » vertueuse, c’est la recherche de l’intérêt collectif  au détriment de l’intérêt propre et personnel ?

Et la République romaine dans tout ça ?

Le texte mis en scène sous forme de micro-trottoir est un texte extrait de La Conjuration de Catilina, de l’historien romain Gaius Sallustius Crispus. Il raconte comment une révolution s’opère dans la Rome à cette époque (entre -100 et -50 av. J.-C.).

Et ça correspond étrangement à l’époque où Rome a entrepris sa politique expansionniste.

Comment est-ce que Rome peut continuer à être une République puisque, au commencement la République romaine représente la ville et la région de Rome, ce qui équivaut à peu près à 130 000 habitants sur une superficie grande comme l’Île de France.

À la fin de la République, c’est-à-dire 500 ans apr. J.-C., juste avant le passage à l’Empire, la population totale approche les 60 millions, sur une superficie cette fois-ci égale à la France, l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Unis, le Portugal et l’Italie réunis ; soit 2 millions de kilomètres carrés.

En 500 ans, on a multiplié la population par presque 500, sa superficie par 200, et inévitablement les emmerdements par autant !

Et quand les emmerdes arrivent, qu’est-ce qui arrive avec… ? LA PEUR !

Bibliographie

  • Premier discours contre Catilina, prononcé au Sénat par Cicéron (I.II.V.VI.VIII.XXI).
  • La Conjuration de Catilina de Salluste (V.IX.X.XI.XII.XIV.XX)

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