Et si les geeks relookaient la démocratie ?

Ces derniers mois, la Civic Tech a beaucoup fait parler d’elle dans le monde. Mais de quoi s’agit-il ?

Ce terme regroupe les structures qui utilisent la technologie pour renforcer le lien entre les citoyens dans leurs modes de gouvernance. C’est simple, tout le monde peut en faire ! Nous y retrouvons des associations, des collectifs, des sociétés, des ONG mais aussi tout simplement des citoyens. Ils ont des profils jeunes et engagés. Ils se sont tournés vers l’avenir numérique pour redonner vie à l’esprit de démocratie participative.  

Leur but ? Changer le système politique en s’appuyant sur un modèle collaboratif. Tous ces organismes ont trois grands objectifs communs : mobiliser les citoyens, moderniser les institutions et rendre le gouvernement plus accessible, efficient et efficace.

Les origines de la Civic Tech

L’éclosion de ce mouvement survient dans une période marquée par une grande défiance des individus envers les politiques et les institutions. Cette croissance de la Civic Tech, les spécialistes la lient aux naissances de crises, ou encore à l’élection du Président Obama.

En effet, Barack Obama a beaucoup utilisé et encouragé les Civic Tech, notamment pour défendre le vote et l’application de l’Obamacare. Il s’en est servi comme un moyen d’organiser un contre-pouvoir populaire face au Congrès.

Autre initiative du gouvernement américain, très engagé dans ce domaine, la WhiteHouse2.0 qui a modernisé les outils de communication de la Maison Blanche en ajoutant un compte Facebook, Twitter, Youtube et même iTunes. We The People, lancé en 2011 est un système permettant de créer des pétitions pour solliciter l’exécutif. Une fois 100 000 signatures obtenues, la Maison Blanche s’engage à répondre.

Les projets Made in France

En France, la Civic Tech s’est énormément développée en 2016, notamment grâce à 3 projets.

Inauguré en octobre 2016, le Liberté Living Lab est un nouvel espace de coworking géant dans le 2e arrondissement de Paris. Il s’inspire du « Civic Hall » new-yorkais et accueille sur 16000 m2 des collectifs comme laprimaire.org ou change.org. Il permet aux acteurs publics, aux grandes entreprises et startups de se mélanger et de collaborer.

Le but du lieu est d’accompagner des projets sociaux, économiques, culturels, éducatifs ou démocratiques et d’aider les « citoyens entrepreneurs » à mener à bien leurs envies d’avenir.

Le premier forum de la Civic Tech a eu lieu le 8 octobre 2016 à la Bellevilloise dans le 20e arrondissement de Paris. Il était organisé par Axelle Lemaire (ancienne secrétaire d’État chargée du Numérique et de l’Innovation) et le collectif Démocratie Ouverte dans le cadre de la préparation du sommet du Partenariat pour un gouvernement ouvert.  Des élus mais aussi des entrepreneurs et des chercheurs ont animé débats, conférences et ateliers proposés autour des thèmes de la journée.

Ce forum, très novateur, a permis d’échanger sur les initiatives citoyennes plaçant les technologies numériques au service de l’intérêt général.

L’association Démocratie Ouverte a ouvert en décembre 2016, avec le soutien d’Axelle Lemaire et d’Anne Hidalgo (maire de Paris) ; un incubateur consacré au développement d’initiatives Civic Tech et d’innovations démocratiques. Situé dans le 11e arrondissement, il bénéficie de 200 000 € de budget obtenu grâce à des subventions et à cinq partenaires publics et privés.

Au terme d’une sélection par un jury de chercheurs et personnalités, cinq initiatives seront retenues et accompagnées selon leurs besoins.

« La Civic Tech est de plus en plus puissante, mais fait aussi face à de grands défis pour son avenir. »

Le numérique réussira-t-il à intéresser une grande partie de la population et pas seulement des personnes déjà militantes ? Ces initiatives survivront-elles après les législatives ? Trouveront-elles les financements nécessaires pour continuer leurs actions ? Et à quoi bon poser des questions à son député si celui-ci n’y répond pas ? Pour que ces changements s’opèrent, il faut donc que citoyens, politiques, administration et entreprises collaborent !

Les autres initiatives de Civics Techs 

Ma voix en septembre 2015 a proposé la désignation de représentants à l’Assemblée nationale issus du peuple, hors des partis politiques. Le collectif va dans un premier temps former les volontaires à l’activité de député grâce à des formations en ligne proposées sur leur site. Puis un tirage au sort permettra de présenter un ou plusieurs candidats aux élections législatives.

À lire : l’article dans le cahier Open Your

Make.org : plateforme de proposition citoyenne, Make.org propose de contribuer, prendre position, défendre ses idées et les concrétiser. La plateforme propose des débats autour de 15 grands thèmes (santé, éducation, environnement, sécurité, emploi, retraites…). Pour chacun des débats, les internautes peuvent découvrir les propositions des autres et les soutenir, ou proposer les leurs.

Change.org : qui utilise la pétition comme arme politique. Tout le monde peut soutenir une pétition ou lancer la sienne. Le site revendique des millions de signatures chaque mois pour des sujets dans les domaines de la justice, la protection de l’environnement, les droits de l’homme, l’éducation etc.

Le Drenche : le journal de débats. Il repose sur un concept simple : pour chaque sujet d’actualité il propose un contexte court et précis puis deux tribunes d’avis opposés rédigées par des personnes compétentes, légitimes et engagées. Leur but est d’aider le citoyen à se forger sa propre opinion.

Accropolis : la chaîne Youtube de Jean Massiet qui décrypte l’actualité politique en quelques minutes.

Il a notamment lancé en 2015 « Accropolis » où il commente les débats politiques et les séances de questions d’actualité au gouvernement en direct. Le but est de rendre la politique accessible à ceux qui s’en sentent éloignés.


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