Dialogue en 2040

Petit éclairage du projet #since2040 qu’Open Your vous dévoile depuis quelques semaines. Entretien avec Mathieu Baudin, cofondateur de l’Institut des Futurs souhaitables.

Macha Binot : Peux-tu nous donner une définition de l’uchronie ?

L’uchronie est au temps ce que l’utopie est au lieu, c’est-à-dire un temps qui n’est pas ou qui n’est pas encore.

C’est un voyage dans le temps. Avec l’uchronie, on peut aller dans le passé ou dans le futur. Nous sommes souvent allés dans le passé, beaucoup d’auteurs se sont essayés à imaginer une autre histoire ou une histoire différente si une variable avait changé. Une des plus connues est La part de l’autre, d’Éric Emmanuel Schmitt.

Vous avez deux formes d’uchronies. Celle qui vous fait partir dans le passé, on appelle ça la rétroprospective. L’autre vous projette dans le futur, et couramment dans un futur noir, on appelle cet exercice de style une dystopie.

Pour l’écriture d’un voyage dans un Futur réussi et enthousiaste, il n’y a pas de mot.

L’ambition de cette aventure de l’Institut des Futurs souhaitables est de coloniser le mot uchronie.

Nous parlons ici de « coloniser » car le mot a été conçu avant nous. Au XIXe siècle, il apparaît dans des textes mais comme il est peu utilisé jusque-là, nous avons pour pari fou de le coloniser de l’énergie positive d’une prospective optimiste.

MB : Peux-tu nous présenter ce qu’est cette aventure #since2040 ?

#Since2040 est la répétition générale d’une conférence spectacle que nous aimerions donner au public. Elle serait une uchronie. Nous sommes donc en 2040 le soir de la représentation et nous racontons ce qui s’est passé entre 2017 et 2040 avec un prisme particulier, un futur réussi, qui donne envie d’aller vers lui.

C’est ça la colonisation du mot uchronie pour faire le pendant de la dystopie.

MB : Pourquoi avoir pris comme date de rendez-vous 2040 ?

2040 est une fenêtre de tire intéressante en prospective. C’est assez loin pour penser vraiment différemment.

En terme de société, une prospective pensée à 5 ou 10 ans est rarement disruptive, à part l’arrivée d’un chaos ou d’une guerre. Ces deux hypothèses nous forcent à disrupter tous mais plutôt du côté négatif.

Pour une évolution positive, il faut un peu plus de temps. 2040 est assez loin pour que l’on pense différemment la réalité de ce qui pourrait advenir. Cette date est aussi proche pour que la majorité des contemporains d’aujourd’hui soient encore là. Ce n’est plus « après moi le déluge » mais suffisamment loin pour faire différent.

Avec cette date de 2040, il n’y a aucune impunité, nous verrons les conséquences de nos actions autant que de nos inactions.

#since2040


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